La Tuilerie Laleu en action

Comme toutes les tuileries, elle est située près de forêts, sur un terrain en pente, à proximité de terre argileuse, d’un puits, d’un séchoir et de hangars pour travailler la terre. La préparation de la terre débute au printemps et cesse aux premières gelées.

L’argile extraite est portée dans les fosses (1) sous le hangar et additionnée d’eau, parfois de sable, pour devenir une pâte épaisse. Le « marcheur (2) » la pétrit avec les pieds, la coupe plusieurs fois avec un lourd couteau (un coutre), la malaxe et enfin la jette par pelletées sur une table pour le mouleur (3). Sur son établi, le mouleur étend du sable et trempe son moule dans l’eau pour prévenir l’adhérence de la terre. Avec force, il jette la terre dans le moule et la frappe pour bien la faire pénétrer dans les angles. Pendant les premiers jours de séchage, les briques se déforment ou se fendent, obligeant le tuilier à redonner la forme initiale (rebattage).
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Pendant plusieurs mois, les briques sont stockées dans un séchoir (4). C’est un bâtiment constitué d’une charpente avec un toit en tuiles espacées (5) pour favoriser la circulation de l’air et l’évaporation de l’eau contenue dans les produits en terre crue. Les murs ont de nombreuses ouvertures comme des meurtrières (6) (des lucarneaux).

La cheminée du four
Le four (7) est formé de murailles d’au moins un mètre d’épaisseur, de deux portes pour le chargement des briques (8), d’une fournaise (9) en contre-bas du sol (environ 1 m) où sont introduits les fagots lors de la cuisson. Les produits en argile (mitres, tuyaux de drainage, bardeaux, carreaux, tuiles, briques…) étant bien secs, on effectue alors l’enfournement. Au sol, deux banquettes sur lesquelles l’enfourneur construit des voûtes de briques crues. Sur celles-ci sont posées des tonnes de briques sur champs avec un intervalle de quelques centimètres pour que la chaleur circule. On enfourne d’abord par la porte de la fournaise, puis par la porte latérale la plus basse qu’on bouche ensuite (généralement de deux murs parallèles de briques cuites scellées à l’argile dont l’espace est rempli de sable). La fin de l’enfournement se fait par la porte supérieure que l’on obstrue également quand le four est plein.
La cuisson s’effectue en deux temps : le petit feu et le grand feu. Le petit feu sèche complètement la brique et l’empêche de se fendre. Il dure quatre jours et consomme de 14 à 16 stères de bois. Le grand feu dure aussi environ 4 jours et s’alimente exclusivement de bourrées* (3 à 4 000). Le chargement ne doit pas ralentir, 24 h sur 24, et atteint une température de près de 1 000°C. Une flamme sort de la cheminée du four. Il faut une semaine de refroidissement avant de décharger le four.

* bourrée : fagot de menues branches. Plus particlièremen, menues branches dont on bourrait l'intérieur du fagot


Dans le n° 19 de La Grenouille, nous avions évoqué la souscription organisée par l’association HDBR et la Fondation du Patrimoine, destinée à restaurer le Four à briques de l’ancienne tuilerie Laleu (rue Denet) à Cour-Cheverny (voir détails ici)
Grâce à l’aide des donateurs, le vieux four à briques, âgé de deux siècles, va être consolidé et mis en valeur. Les travaux commenceront fin avril. Vous serez conviés à une visite du monument, lors des travaux, à une date qui vous sera précisée ultérieurement.

Le Grillon – La Grenouille n° 23 Avril 2014